• S'il est un livre que j'attendais impatiemment, c'est bien la suite des aventures de Kyren et de Cam !!

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    Ceci n'est pas un coup de gueule... bien au contraire...

    FB peut être chronophage, addictif et même une perte de temps.

    Sauf que pour moi c'est bien plus que ça encore...

     

    (C'est mon quart d'heure larmoyant "Petite Maison dans la Prairie",
    je l'assume n'en déplaise aux blasés et autres coincés !! )

     

     

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  • * Pour l'Eternité

    Cet été, j'ai voulu répondre au petit appel à texte du 1er M/M Reader sur le thème de La Rentrée... 
     
    Sauf que moi j'ai eu une vision !!! Celle d'une rentrée... dans l'atmosphère !!! 
    Alors forcément ce n'était pas gagner pour être dans le thème...
     
    Me suis dit : "pas grave, on tente !"
    Mais voilà.... j'avais bien mes 5 mots imposés (Anticonstitutionnellement, Dragon, Référentiel, Glacial, Buzz) mais ça s'est gâté après : j'ai largement dépasser les 1500 mots... et le thème n'était plus vraiment là.....
     
    Le temps a passé, je l'ai terminé, je ne l'ai pas envoyé...
     
    Et maintenant il vient tenir compagnie aux autres petits textes du blog...
     

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    22 mars 2015,

     

    Bonjour mon Fils, mon Bébé,

     

    Tu me manques terriblement…. Cela fait un an que tu nous as quittés et la douleur est toujours aussi abominable que ce terrible dimanche où mon téléphone a sonné…

     

    Le trou dans mon cœur reste béant... Je respire, je me lève, je m’occupe de ton petit frère, la vie continue pour tout le monde… Sauf qu’il manque la moitié de mon cœur. Cette partie qui m’a été arrachée brutalement et définitivement, alors qu’il nous restait tant de choses à partager… Et lorsque le soir arrive, que je ferme la porte de notre appartement… le rideau tombe sur cette mascarade qu’est ma vie depuis que tu n’es plus là. Ma douleur et ma peine m’enveloppent de nouveau comme une couverture épaisse et lourde sur mes épaules, sauf qu’elle n’est ni douillette ni bienfaisante… et qu’elle n’étouffe pas mes cris de désespoir.

    Ce cœur qui bat, ce cœur de maman qui n’est plus que ruines et désolation. 

    Mes défenses,  anéanties sous les éclairs de souffrance qui me déchirent inlassablement, me laissent brisée sur mon lit. À chaque souvenir qui me revient. À chaque fois qu’Antonin t’appelle avant de réaliser que tu ne lui répondras plus jamais.  À chaque adolescent aux cheveux châtain que je croise. À chaque fois que je passe devant ta chambre. À chacune des photos de toi que je contemple sans arrêt, surtout les rares où tu souris.  À chaque visite au cimetière…

     

    Nous voilà un an après et pourtant c’est encore hier dans mon esprit. Surtout aujourd’hui.

     

    Dans les semaines qui ont suivies ton… départ, ma vie s’est résumée à deux sentiments… La colère et cette terrible culpabilité de celui qui reste !

     

    La colère…

    Elle est arrivée, dévastant  mon pauvre cœur. J’ai eu des envies de meurtres, moi qui suis pourtant si calme et posée d’ordinaire. Je serais devenue une lionne pour te défendre si tu m’en avais laissé l’occasion. J’ai maudit tour à tour tous ceux que je considérais comme tes meurtriers, déversant mon ire toujours dans cet ordre : d’abord contre Jonathan pour les blessures physiques et morales qu’il t’a infligées, ensuite  contre tous les autres stupides petits connards d’homophobes qui t’ont humiliés jusqu’à l’insupportable, puis contre ton directeur qui voulait étouffer le scandale, et enfin pour terminer, contre le monde entier qui s’arroge le droit de décider qui doit aimer qui, nous imposant sa dictature sentimentale.

     

    Et puis surtout, je m’en voulais  – je m’en veux encore terriblement – de n’avoir pas su t’aider alors que tu avais besoin de moi. La culpabilité me ronge à petits feux…

    Tu n’as pas voulu m’imposer ta détresse !! À moi ta mère, moi qui suis censée te protéger contre les dangers qui te guettaient !! Oh mon tout petit, comment n’ai-je pas vu ton malaise ? J’aurais dû…. J’aurais dû faire quelque chose ! Réagir ! N’importe quoi aurait été mieux que ce rien du tout !!

    C’était mon rôle et j’ai échoué lamentablement….

     

     Pourras-tu jamais me pardonner d’avoir failli à mon devoir de mère ?

     Je suis doublement coupable mon Bébé…  puisque involontairement, j’ai pu te laisser croire que ma séparation d’avec ton père était ta faute. C’est tellement plus facile de rejeter la faute sur l’autre !

    Nous avons été des parents minables en nous comportant ainsi. 

    J’aurais dû être plus explicite avec toi, mais comment dire à son enfant que ses parents ne s’aiment plus aussi fort, que les disputes qui éclataient à propos de toi, ou de toi et ton frère, n’étaient jamais que des prétextes pour que se déversent le torrent de notre amertume et de nos frustrations de ne pas savoir comment réparer un lien brisé entre deux adultes qui ne se comprennent plus.

     Mais jamais, au grand jamais, tu n’as été la cause de notre divorce Cédrick !

    Ton père me trouvait trop laxiste à ton égard… mais ce n’était pas parce qu’il ne supportait pas ce que nous pressentions, sans mettre de mot sur quelque chose qui nous faisait peur.

    Oui mon Bébé, ton père avait la trouille ! Cet homme baraqué, au regard sévère avait la trouille que tu ne sois pas assez armé pour affronter le monde extérieur. Il n’a jamais été un grand démonstratif, c’est le moins que l’on puisse dire… Seulement, nous pensions pourtant que tu savais que nous t’aimions, quelques soient tes choix ou tes orientations sexuelles…

    Notre tort a été de penser et non de parler. Maintenant il est trop tard pour s’expliquer. Moi je te le disais souvent « Je t’aime mon Bébé » mais ton père… Ton père est anéanti ! Il a subit un électrochoc dont il ne s’est toujours pas relevé… Ce qu’il a perdu le hante autant que moi.

     

    La présence de ton frère nous oblige à tenir, chacun de notre côté. L’ex nouvelle petite amie de ton père a plié bagages il y a six mois… Ton fantôme lui « gâchait » l’existence, alors ton père a ouvert grand sa porte et l’a flanqué dehors manu militari. Depuis, nous nous revoyons régulièrement et nous essayons de maintenir un semblant d’équilibre pour Antonin.

    Ton petit frère est notre bouée de sauvetage, ce qui nous raccroche à la vie, à la chaleur humaine et aux petits bonheurs simples que nous redécouvrons tous les jours.

    Ton absence le perturbe encore énormément, il reste perplexe devant le côté définitif de la mort. Il ne comprend pas pourquoi tu ne reviendras pas cette année, comme le printemps ramène les premières fleurs.

     Tu as une collection magnifique de dessins qu’il dépose à tes côtés à chaque fois qu’il m’accompagne au cimetière, sa façon à lui de ne pas t’oublier…. Tu es constamment présent sur chacune de ses œuvres.

     

    Faire son deuil… Comment arrive-t-on à  accepter d’être amputé d’une partie de soi-même ? Le temps fait son travail mais la douleur et la peine ne disparaisse jamais. Et je ne le veux pas ! C’est la seule manière que j’ai de te garder, encore un peu, tout contre moi mon Bébé…

    La mémoire est une arme à double tranchant. Elle vous rappelle constamment qu'il vous manque un être cher et dans le même temps, elle vous aide à ne pas oublier les traits de son visage. Et pourtant… pourtant tu commences déjà à m’échapper… Le son de ta voix s’évanouit progressivement malgré mes efforts. Te regarder sur les films est la pire des épreuves que je m’inflige régulièrement pour retrouver ce doux son qui me fait alors pleurer doucement, seule sur ce canapé, en silence pour ne pas réveiller ton petit frère…

     

    Avant de terminer cette lettre, je pense que… je dois te parler de quelqu’un d’autre…

    De Jonathan.

    Il… n’est plus que l’ombre de lui-même. Cela devrait me réjouir, satisfaire mon cœur de mère brisée, une douce vengeance pour mon tourment. Seulement voilà, tu le sais mon Bébé, je ne suis pas comme ça…

    Il y a environ deux mois, lorsque je suis allée te voir pour Noël, te déposer un petit cadeau, je l’ai aperçu à genoux sur ta tombe. Il était de dos, je ne voyais pas s’il pleurait. Va savoir pourquoi je me suis approchée de lui en silence ? Il te parlait. Non en réalité, il te confessait sa détresse.

    Je sais que tu te rappelles toi aussi ce jour-là. Le temps était à la neige, un froid vif, le ciel bas et gris. Étrangement, une chape de plomb pesait sur le cimetière, et je dois t’avouer mon malaise de l’avoir vu, lui, ici, et particulièrement ce jour-là.

    Je ne l’avais pas revu depuis l’enterrement, bien qu’il ait demandé par deux fois à me voir. Je n’ai pas eu le cran de l’affronter en face, de porter les yeux sur lui après ce qu’il t’avait fait subir. Je sais qu’il a souffert énormément, lui aussi, qu’il lui a fallu une dose de courage immense pour faire son coming-out le jour de ton enterrement. Sa douleur avait fait écho à la mienne mais cela n’effaçait pas la souffrance et ton absence…

    J’étais là, derrière lui, immobile et je l’ai écouté te raconter son propre enfer depuis ton… suicide (que ce mot me fait mal à chaque fois que je le pense, le parle, l’écrit, le vis…). Au lycée, la vie là-bas était devenue juste tolérable. Ce que j’avais voulu leur faire prendre conscience, à tes …. non pas camarades… aux autres lycéens, en imposant leur présence à ton enterrement, le message que je voulais qu’ils comprennent, est passé pour partie. J’ai reçu plusieurs témoignages qui m’ont apporté le sentiment d’avoir fait le bon choix. Seulement voilà, des connards d’homophobes, il y en aura toujours…

    Psychologiquement, son coming-out a permis à Jonathan d’avancer d’après ce que je l’entendais te raconter, mais… il avait dû abandonner l’équipe de Hand-ball. Le sport et l’homosexualité restent deux entités qui ont d’énormes difficultés à fusionner, et il ne supportait plus de voir leurs visages. Ils lui renvoyaient à la figure le dégout qu’il éprouvait pour lui-même. Ils étaient « les déclencheurs de ta destruction par son propre bras » l’ai-je entendu t’expliquer.

    J’ai deviné qu’il pleurait aux mouvements de ses épaules, et à sa voix qui se fissurait de plus en plus, au fur et à mesure qu’il continuait à te parler. Et moi, j’étais toujours derrière lui. Je sentais qu’il avait besoin de vider son sac.

    Alors je l’ai laissé poursuivre.

    Et mon cœur a failli mourir une seconde fois ! En l’écoutant pleurer sa solitude, sa détresse d’avoir tout perdu.

    Oh mon dieu Cédrick, comment des parents peuvent tourner le dos à leur propre enfant ? La chair de leur chair ? Jonathan n’a plus voulu de compromission, il a donc assumé ses gestes et ses sentiments pour toi… Et il a creusé « sa propre tombe ». Son père lui a foutu une telle raclée qu’il n’a pu retourner au lycée pendant deux semaines… et sa mère… sa mère a simplement regardé la scène, sans broncher, sans intervenir, insensible  à la cruauté de son mari envers son propre fils. Que des monstres pareils aient pu engendrer un fils reste une aberration pour mon cœur de mère qui pleure encore le sien disparu beaucoup trop tôt...

     

    Jonathan se retrouvait englué dans une situation insupportable, seul, perdu et tourmenté par ses propres démons, si proche des miens finalement.

    Je… Je lui en ai voulu… Terriblement. Horriblement… Pourtant ce jour-là, je n’éprouvais plus que de la pitié pour lui, pour le jeune homme brisé qu’il était. Je n’étais pas sûr qu’il remonterait la pente tellement la similitude de vos deux situations me frappait, comme elle l’avait fait pour lui.

    Ah Cédrick, est-ce le destin qui nous a fait venir le même jour, au même moment dans ce cimetière ? Est-ce toi qui de là-haut m’a envoyé un signe ?

    J’ai compris avant même qu’il ne sorte la lame de sa poche alors qu’il murmurait « je suis désolé Cédrick, je t’aimais… et je pourtant je t’ai détruit… aujourd’hui c’est moi qui abandonne… j’espère juste que tu seras de l’autre côté pour me prendre contre toi… tu me manques tellement… je n’ai pas peur… je viens te rejoindre… s’il te plaît accepte-moi…. Cédrick ».

     

    Mon cœur, mon pauvre cœur a hurlé « NON…  Cédrick ne fait pas ça !! » pendant que je me précipitais contre Jonathan en attrapant son bras avant qu’il ne commette lui aussi l’irréparable.

     Je ne l’aurais pas supporté ! Te voir mourir une seconde fois à travers lui… Non plus jamais ça !!

    Je l’ai pris dans mes bras, coinçant les siens dans cette étreinte. Surpris, il a lâché la lame de rasoir qui est tombée sur ta tombe, brillant sous l’éclat d’un timide rayon de soleil.

    Tant de souffrance dans une personne. Tellement semblable à la mienne ! A-t-il seulement pleuré depuis ta mort ? Je l’ai laissé hurler sa peine, crier sa douleur, gémir son désespoir. Ses sanglots, bruyants et suffocants, me secouaient aussi fort que lui. Mes propres larmes glissaient alors qu’il était là, son dos coincé contre ma poitrine. Je maintenais la pression de mes bras et doucement je nous balançais, d’avant en arrière, comme si je consolais Antonin. Encore, et encore. Je lui soufflais doucement à l’oreille « oui, vas-y pleure… tu as le droit… laisse toi aller Jonathan… ».

    Et lorsque que ses pleurs ont commencé à diminuer, beaucoup plus tard, tout en continuant de nous balancer doucement, je lui ai fait une promesse : «  on va trouver une solution Jonathan, je te le promets… on va trouver une solution. Je ne sais pas comment, ni qui, ni où… mais tu n’es plus seul… on va trouver une solution Jonathan… ». Et j’ai continué cette litanie jusqu’à ce qu’il se calme, complètement épuisé par son chagrin.

     

    Mon Bébé, mon Fils, je sais que de là-haut, tu nous a vu ce jour-là et que tu as guidé mes paroles. Il est hors de question qu’un autre jeune homme se donne la mort parce que… parce qu’il est différent de ce que certain considère comme LA norme. Pas si je peux l’empêcher, … et cela malgré le fait que lui n’a pas empêché la tienne.

    Aurais-je pris cette décision si je n’avais pas assisté à cette scène dans le cimetière ? Honnêtement ? Je n’en sais rien et ne chercherai pas à savoir ! C’est aujourd’hui qui importe.

    Personne ne prendra ta place ! Jamais. Mais Jonathan a besoin de mon aide, maintenant.

    Oh les gens bien intentionnés n’ont pas manqué de me faire remarquer l’aberration de mon geste… Accueillir celui qui est surement à l’origine du suicide de mon fils !

    Qu’ils aillent se faire foutre !! Si je sauve Jonathan, c’est une part de toi que je ramène à la vie.

    J’ai une chambre de libre dans l’appartement… c’est toujours TA chambre mais je ne veux pas en faire un mausolée. La majorité de tes affaires y sont toujours et j’ai l’impression qu’elles aident Jonathan à trouver son propre chemin.

     

    Alors voilà mon chéri, du fond de mon cœur, je sais que tu serais fière de moi.

    Je regrette juste que tu n’ais pas eu assez confiance en nous, en moi pour nous confier ta détresse. Il y a toujours une solution meilleure que les autres, même si les chemins pour la trouver sont parsemés d’embûches.

    J’ai peu de temps libre mais avec tout ce que j’ai vécu l’année qui vient de s’écouler, j’ai envie de m’investir et de me battre pour le droit et le respect de l’Amour pour Tous. Savoir que tu aurais pu être aidé et … sauver…. Il est de mon devoir de faire quelque chose, même si cela n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan…. On sait très bien que le vase finit par se remplir à force….

     

    Je t’aime mon fils et je continuerai chaque minute que Dieu m’accordera.

    Et puis un jour, je te le promets, nous serons de nouveau réunis. En attendant tu me manques, mon Bébé.

     

    Ta maman…

     

    ***

     

    Une fois déposée sa lettre dans une boîte spécialement destinée à cet usage et décorée par Antonin, Catherine M. adressa un dernier regard à la pierre tombale sous laquelle reposait son fils. Un dernier au-revoir avant de se redresser puis de remonter l’allée principale du cimetière.

    Malgré la froidure de ce mois de février, une douce brise lui caressa alors le visage, effaçant doucement ses larmes. Un souffle léger, une caresse apaisante, un acquiescement peut-être ?

     

    Catherine monta dans sa voiture, un sourire aux lèvres.

     

    très prochainement 


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    27 mars 2014, Cimetière de x

     

    Le petit cimetière de campagne n’avait sûrement jamais vu autant de personnes dans ses allées. Pourtant, pas un bruit ne venait troubler les paroles du prêtre qui avait accepté de prononcer un discours avant la mise en terre du cercueil de Cédrick.

     

     

    Ses parents, à nouveau réunis dans cette épreuve, se tenaient par la main ; le petit Antonin, encore trop jeune pour comprendre la portée de l’évènement, jouait aux petites voitures sur la margelle du caveau où reposait enfin son grand frère.

     

    Et commença la longue bénédiction du cercueil.

    La mère de Cédrick, effondrée, se laissa choir à terre, des sanglots déchirants secouait son corps alors qu’elle tenait serré dans son poing une rose blanche et une enveloppe. Son ancien mari vint la soutenir pour la relever et lui laisser le temps de dire un dernier adieu à leur fils. À contrecœur, elle ouvrit sa main et fit tomber la fleur et la lettre dans le trou qui accueillait la dernière demeure de son fils. Elle resta quelques instants, le regard vide fixé sur la photo d’un Cédrick souriant, et les larmes coulèrent de nouveau sur son visage ravagé par la douleur de cette perte horrible à supporter pour un parent : devoir mettre en terre son enfant, sa chair et son sang. Avant de s’éloigner, elle murmura une dernière fois « Je t’aime mon Bébé… ». Seul le silence de la tombe recueillit sa déclaration.

     

    La famille, les amis et les lycéens défilèrent lentement alors que résonnaient les premières notes de la chanson de Grégoire, « Ta Main », ajoutant une note de tristesse poignante au cortège silencieux.

     

    Tu sais que j'ai du mal 
    Encore à parler de toi 
    Il parait que c'est normal 
    Y'a pas de règles dans ces jeux-là 
    Tu sais j'ai la voix qui se serre 
    Quand je te croise dans les photos 
    Tu sais j'ai le cœur qui se perd 
    Je crois qu'il te pense un peu trop 

    C'est comme ça c'est comme ça 

    J'aurais aimé tenir ta main un peu plus longtemps 
    J'aurais aimé tenir ta main un peu plus longtemps 
    J'aurais aimé que mon chagrin ne dure qu'un instant 
    Et tu sais j'espère au moins que tu m'entends 

    C'est dur de briser le silence 
    Même dans les cris même dans la fête 
    C'est dur de combattre l'absence 
    Car cette conne n'en fais qu'à sa tête 
    Mais personne ne peut comprendre 
    On a chacun sa propre histoire
     

     

     

    Le dernier à rendre hommage au cercueil de Cédrick était un jeune homme brun, aussi pâle que le marbre de la pierre tombale de Cédrick. Il resta planté devant le trou béant, incapable de lâcher sa fleur. Doucement, il regarda en direction de la mère de son camarade décédé. Leurs yeux s’accrochèrent et une connexion silencieuse les lia avant que la mère ne réalise qui était le jeune homme. La douleur et la colère traversèrent les traits de cette dernière alors qu’elle serrait les poings et trouvait la dignité de ne pas faire d’esclandre en cet instant de deuil.

     

    Ne pas condamner celui qui avait fait tant de mal à son fils lui avait semblé bien plus facile que maintenant qu’elle l’avait sous les yeux. Ce qui la retint fut la peine exprimée par le corps tout entier du jeune homme, prostré devant le caveau.

     

    Jonathan finit par faire tomber la rose. Il sortit d’une poche de son pantalon une lettre qu’il jeta également, la regardant tournoyer avant qu’elle ne se pose sur le cercueil, à côté de celle de la mère de Cédrick.

     

    Lorsqu’il se retourna pour faire face à la foule présente, il n’en menait pas large. Ses mains tremblaient le long de son corps. Il attendait quelque chose. Plusieurs fois il ouvrit la bouche sans que le moindre son n’en sorte.

     

    Désespéré, il regarda la mère de Cédrick. Des larmes glissaient sur leurs joues, silencieuses, moqueuses et accusatrices. Surprenant tout le monde, elle le rejoignit pour essuyer ses joues humides avec une de ses mains et l’enferma dans une étreinte de chagrin partagé. Peut-être une ébauche de pardon ?

     

    Un courant d’air traversa le cimetière, tourbillonna quelques secondes autour de l’étrange couple avant de s’envoler plus loin.

     

    Lorsque la mère de Cédrick relâcha Jonathan, celui-ci semblait avoir repris ses esprits. Il se pencha et prononça quelques mots à l’oreille de la femme à ses côtés. Celle-ci acquiesça doucement avant de laisser glisser sa main sur l’épaule du jeune homme dans une caresse apaisante. Puis elle s’écarta de quelques pas, le laissant à nouveau seul face à la foule.

     

    Il prit son temps, observant les visages intrigués, avant de se lancer enfin.

     

    « Bonjour, je m’appelle Jonathan… je suis un ami de Cédrick. En réalité… j’étais bien plus que cela… J’étais son petit ami… et j’ai fait la pire erreur de ma vie… celle d’accorder plus d’importance au regard des autres qu’à celui que j’aimais… J’ai fait du mal à Cédrick. Je ne peux revenir en arrière et je passerais ma vie entière à regretter ces derniers jours. Je n’ai pas trouvé de meilleure façon de lui rendre hommage qu’en faisant ce discours aujourd’hui. Il voulait vivre notre amour au grand jour ! Et bien c’est ce que je fais… »

     

    Le reste de son discours improvisé toucha de diverses manières les adolescents et les adultes présents ce jour-là. Certains s’éloignèrent sans attendre la fin. Mais Jonathan s’en moquait. Après avoir terminé d’écrire sa lettre, il avait enfin compris ce qu’il lui restait à faire. Pour Cédrick… et pour lui-même, s’il voulait pouvoir un jour de nouveau se regarder dans un miroir.

     

    Le soutien discret de la mère de Cédrick lui suffisait, comme il l’avait été pour Cédrick.

     

    Il ne tenait plus qu’à lui, de prouver qu’il était capable d’aller jusqu’au bout, pour ne plus renier ce qu’il était et ceux qu’il aimerait…  même si Cédrick resterait à jamais dans son cœur.

     

    Un rappel constant de la faiblesse de l’être humain.

     

     


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