• Ultimatum : Chapitre 2

    N'oubliez pas que vos remarques sont des motivations énergiques pour mon imagination et aussi mon plaisir...

     

    Les bougies, éparpillées aux quatre coins de ma chambre, dispensaient une lueur propice aux jeux que j’envisageais. Néanmoins, cet éclairage feutré me permettait également de dissimuler l’appréhension qui me tenaillait. C’était une situation nouvelle pour moi. L’assurance que je montrais en les amenant dans ma chambre n’était qu’une façade, j’étais intérieurement morte de trouille ! Allais-je être à la hauteur de la situation ? Comment réagiraient-ils dans le feu de l’action ? Je n’étais sûre que d’une seule chose : j’avais bien la ferme intention d’aller jusqu’au bout. J’en avais envie – très envie.

    Arrivés au pied de mon lit, je me retournai pour les regarder tous les deux. Si différents mais si complémentaires à mes yeux. Mes deux alter-egos. A moi. Seules nos respirations, légèrement haletantes, troublaient le silence.

    Lâchant leurs mains, je pris la direction de l’opération « séduction ». Je commençai par déboutonner mon corsage. Un bouton, un regard sur Abel, un autre bouton, un autre regard sur Arthur. Abel me dévorait littéralement des yeux, un fauve près à sauter sur sa proie, tandis qu’Arthur mordait sa lèvre inférieure, signe de trouble chez lui. Son regard me déshabillait encore plus vite que mes mains. Alors que je faisais glisser mon chemisier sur mes épaules, le plus lentement et sensuellement possible, je ne pus m’empêcher de remarquer qu’Arthur regardait subrepticement en direction d’Abel. Le jugeant ou l’observant ? Je n’aurais su le dire. Lorsque ses yeux se reposèrent sur moi, ils s’illuminèrent, ayant l’air d’apprécier le spectacle. Je ne me sentais pas l’âme d’une strip-teaseuse néanmoins se sentir désirée et désirable tout en se déshabillant, c’était un sentiment très troublant et assez excitant en fait. Mon corsage tombé à terre, je tournai le dos à Abel, lui signifiant par là qu’il avait l’autorisation de dégrafer mon soutien-gorge, ce qu’il exécuta, les doigts relativement tremblant, ne pus-je m’empêcher de noter. Il n’y avait donc pas que moi qui étais dans cet état de fébrilité !

    Pendant qu’Abel m’enlevait ce bout de tissu en trop, je regardais Arthur et lui enlevait son tee-shirt, mes doigts en profitant pour tracer des cercles sur son torse. Abel se rapprocha de moi, ses bras m’enserrant par derrière. Ses mains trouvèrent ma poitrine. A l’instant où il effleura les pointes de mes seins, Arthur m’embrassa et mon gémissement de plaisir mourut sur sa langue que me fouillait la bouche.

    A partir de ce moment-là, je ne m’inquiétai plus de rien et me laissai porter par les vagues d’émotions qui me traversaient. J’étais prise en sandwich entre deux hommes, mes deux hommes. Les mains d’Abel jouaient sur moi comme un virtuose caresserait son instrument fétiche. Du revers de la main, il suivait les douces courbes de ma poitrine généreuse. Elles épousaient tendrement le renflement de chacun de mes seins, ses pouces tournant autour de mes petits mamelons. Ces derniers se dressaient fièrement, subissant avec délectation le traitement infligé par Abel.

    Les mains d’Arthur, quant à elles, me tenaient le visage, parcouraient ma chevelure. Son baiser m’exprimait plus clairement que jamais les sentiments qu’il n’avait jamais osé m’avouer. Ses lèvres m’imposaient son rythme, son désir. Il plongea son regard d’onyx dans mes yeux enivrés de passion. Je revivais le baiser d’hier soir. Encore. Si bon, si sensuel, si dévorant. Son regard glissa ensuite sur le côté, sur Abel qui était en train de m’embrasser, cet espace de peau si sensible, dans le cou. Je frémis de plaisir. Cette vision dut lui plaire puisqu’il revint sur moi encore plus gourmand, mes lèvres et ma bouche n’ayant plus de secrets pour lui.

    A mon tour, je voulais profiter de chacun d’eux, les découvrir. Je me sentais l’âme d’une exploratrice J’appuyais mes fesses contre Abel. Je sentais son érection, à travers nos deux pantalons, qui gonflait contre moi. Etre à l’origine de ce durcissement, c’était… si jouissif ! J’étais dans une bulle émotionnelle, uniquement concentrée sur notre trio amoureux. J’absorbais les sensations et m’en délitais. Je voulais qu’ils ressentent la même chose que moi.

    Je m’attaquai donc aux choses sérieuses. Je me reculai pour les avoir tous les deux face à moi. Encore une fois, je ne pus m’empêcher de les admirer. Un sourire, identique au chat de Cheshire, flottait sur mes lèvres. Je déboutonnai leur pantalon, descendis la fermeture éclair et glissai chacune de mes mains à l’intérieur de leur caleçon. Puis j’allai à la pêche. Pas besoin de ferrer le poisson ! Il avait déjà mordu à l’hameçon. Leurs sexes tendus ne demandaient qu’un peu plus de liberté pour s’épanouir. Ce que je leur donnai en les sortants de leur cage exigüe.

    Deux magnifiques verges se dressaient dans mes mains. J’en éprouvais la douceur en entamant une très légère caresse. L’une compensait en longueur ce que l’autre possédait en épaisseur. J’entendais leur respiration entrecoupée de gémissements retenus, mes yeux rivés sur ces deux hampes dressées. Je me décidai à faire la gourmande afin de mettre un terme à la fringale qui me tiraillait les tripes. Je m’accroupis face à Abel. Ma bouche, à la hauteur de son sexe, hésita sur la conduite à tenir. Ma langue décida pour elle. Elle effleura le gland d’une caresse humide, trouva la faille et joua avec, quelques instants. Abel m’agrippa une épaule sous l’intensité de la caresse. Son râle de plaisir résonnait dans ma tête, encore et encore.

    Pour ne pas oublier Arthur, ma main droite enserra sa queue et commença, elle aussi, un tendre ballet, étirant la peau, jouant avec mon pouce sur lui, essuyant cette première petite goutte transparente, l’étalant sur son gland frémissant, tandis que ma langue faisait disparaître sa sœur jumelle sur Abel.

    Jusqu’à hier, je n’avais osé imaginer un tel scénario. Moi faisant l’amour avec deux hommes ! Mes deux compagnons de toujours ! Toutefois, maintenant que j’étais en pleine « action », je compris que cela devait arriver. Tous nos échanges, nos délires, nos enguelades, nos soirées vautrés tous les trois sur les canapés, n’avaient fait que nous amener à cet instant précis. Cette explosion de vérité. Cette mise à nu de nos âmes et de nos corps.

    Nous n’échangeâmes pas un mot, c’était inutile. A l’instar de notre amitié, nos sentiments refoulés s’accordaient admirablement. Surtout les miens, puisque j’avais été la dernière à voir et finalement à accepter ce bouleversement dans nos relations. Pour confirmer mes pensées, chacun d’eux m’attrapa un bras pour me relever. S’étaient-ils concertés d’un regard ? Je ne sus le deviner. Ils me redressèrent complètement. De nouveau, nos regards se croisèrent, intenses, puis trois sourires flottèrent sur nos visages tandis que simultanément nous finîmes de nous déshabiller, enlevant précipitamment et urgemment nos vêtements restants. Ils allèrent atterrir au sol, emmêlés les uns sur les autres dans une joyeuse pagaille.

    Etant la maîtresse de cérémonie, je les poussai ostensiblement vers mon lit, sur lequel ils finirent par s’allonger, Abel comme un bellâtre, faisant jouer sa superbe musculature, les bras croisés sous sa tête, alors qu’Arthur se laissait tomber comme un  gamin et s’allongeait rapidement sur le dos pour bien me montrer qu’il était tout disposer à me laisser jouer avec son corps. Je m’installai entre mes deux apollons, à genoux, frissonnante à l’idée de ce que j’allais réaliser, un fantasme pour certain, une libération pour mon moi inconscient qui avait été inhibé jusqu’à cette soirée.

    Maintenant que ma décision était prise, tout me semblait simple. Je n’avais plus qu’à me laisser guider par mes désirs. J’étais libre de tout complexe. Nous étions trois adultes consentants qui pouvaient enfin laisser libre cours à leurs sentiments, exacerbés par l’attente et une passion interdite. Et j’avais une imagination débordante… en ce qui les concernait.

    J’effleurai leur tête, éprouvant la texture de chacune de leur chevelure. J’avais énormément de chance. J’avais toujours adoré jouer avec leurs cheveux. Cette nuit, je pouvais les caresser, amoureusement, sans ambiguïté. J’en avais des crampes dans le ventre, tellement cette sensation me bouleversait. Je ne pensais pas que les garçons ressentent la force de l’enchantement qu’ils m’accordaient par ce simple geste. Arthur avait les yeux fermés, savourant les mouvements de mes doigts sur sa tête. Abel fixait sur moi ses deux émeraudes, observant le moindre sentiment qui traversait mon visage, mon corps. Oh si, il y en avait un qui avait conscience de ce que je ressentais. Sa main remonta sur mon visage, et essuya d’un doigt la larme qui s’était échappée de mon œil. Je la regardais couler le long de son doigt jusqu’à ce qu’il lèche la trace humide, buvant cette larme comme s’il s’agissait d’un pur nectar. Je répondis à son sourire et me penchai sur lui, l’embrassant comme si mon oxygène ne dépendait que de lui. J’entendis Arthur se relever, sa main glissa le long de ma nuque et parcourut mon dos jusqu’à atteindre la chute de mes reins, puis elle partit découvrir les courbes de mes fesses. La caresse au creux de mes reins me fit frissonner, l’effleurement sur mes fesses m’électrisa. Nous étions redressés tous les trois. Nous restâmes quelques secondes ainsi, puis cette fois, j’eus le temps d’apercevoir un échange de regards entre les deux hommes avant de me retrouver à mon tour allongée sur mon lit.

    Ils m’entouraient de leur corps, leurs mains baladeuses se répartissant le territoire à parcourir. Qui avait décidé quelle parcelle lui revenait en premier ? Je crois que cela se fit le plus naturellement du monde. Abel n’en avait pas terminé avec ma poitrine. Il laissa donc l’auscultation de la partie aval à un Arthur qui se retrouva dans le rôle d’un explorateur en terre inconnue. Il partit donc à la conquête de mes mystérieuses contrées avec l’entrain d’un Indiana Jones à la recherche de l’Arche perdue. Il ne se perdit pas en détours inutiles et alla directement à la source. Installé entre mes cuisses, il les écarta encore légèrement pour ouvrir les portes de ma vénérable grotte.

    Sans s’en rendre compte, ils échangèrent un second regard entre eux avant d’attaquer leur seconde phase exploratrice conjointe. Cet autre échange inconscient me chavira encore plus. Même entre eux, la connexion était simultanée, et pourtant j’étais sûr qu’ils ne s’en étaient toujours pas rendu compte. Nous étions en pleine fusion des sens et des corps. Une très brève pensée me traversa l’esprit : allions-nous droit à notre perte ? Mais plus rien n’eut d’importance lorsque deux langues me pénétrèrent simultanément, m’entrouvrant chacune une paire de lèvres afin d’avoir accès aux sources sacrées…

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